Le Montreur Louis-Do Bazin

À 17 ans je voulais être instituteur ou marionnettiste. À l’époque, Gilbert Pavaly, m’avait donné quelques conseils pour ma première marionnette à fils. J’ai aussi eu la chance d’avoir pour maître Jean Guy Mourguet descendant direct de Laurent Mourguet, l’inventeur de Guignol et j’ai découvert avec plaisir la marionnette lyonnaise, son esprit vif et ses improvisations endiablées.

Par la suite je me suis confronté aux arts de la rue. Ils m’ont immédiatement séduits et c’est là que je m’exprime le plus souvent car c’est au contact direct de ce public non initié que je me sens vraiment à ma place.

Je me souviens d’avoir monté un numéro de manche (au chapeau) qui durait exactement 7 minutes et j’ai gagné un temps ma vie avec ce numéro parfaitement rodé en jouant sur des places, des marchés, avec le plaisir inouï de se sentir juste. Le personnage que je manipulais était Pierrot, mon chef d’œuvre de compagnon marionnettiste. Une marionnette-prothèse hypnotique, en cuir, métal et bois de tilleul sculpté, tellement vivante que le cercle se formait rapidement autour de moi. Étrangement plus vivante que les passants.

Instituteur ou marionnettiste? Finalement, je suis devenu les deux. Mon plaisir, reste la transmission, le jeu et le monde de l’enfance. Même dans le spectacle adulte, je m’adresse à l’enfance qui sommeille en chacun de nous. C’est au fur et à mesure des créations que je comprends le sens de ma trajectoire.

Je ne sais rien faire d’autre.

Louis-Do Bazin

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